15 Jahre Kampf gegen die Privatisierung der malischen Eisenbahn

Réseau Rail Sans FrontièreAm 13. und 14. Oktober 2017 trafen sich in Kayes Vertreterinnen und Vertreter der Anwohnerschaft der Eisenbahnlinie Bamako – Dakar. Aus Anlass des 15. Jahrestag des Wirkens der Initiative Cocidirail (Collectif Citoyen pour la Restitution et le Développement Intégré du Rail Malien) wurde bei diesem Treffen eine Bilanz der desaströsen Privatisierungspolitik gezogen und die Forderung nach einer Wiederverstaatlichung der wichtigsten Eisenbahnlinie des Landes erneuert. Was diese Privatisierung für die Belegschaft, für die Bevölkerung, für die anliegenden Gebiete bedeutet hat, wird dabei ebenso bilanziert, wie das Ergebnis für die Profiteure der Privatisierung. Cocidirail (siehe den Verweis am Ende des Beitrags auf unsere zahlreichen Beiträge zu diesem Kampf und der Initiative im Archiv des LabourNet Germany) unterstreicht in dieser gemeinsam mit zahlreichen anderen Organisationen erarbeiteten Erklärung, dass der gemeinsame Kampf um die Wiederverstaatlichung fortgesetzt werden wird. Siehe dazu die Dokumentation der (französischen)  „Erklärung von Kayes“:

DECLARATION DE KAYES

«RENDRE LE CHEMIN DE FER AU PEUPLE MALIEN – PLUS ACTUEL QUE JAMAIS »

A l’occasion de la commémoration du XVème anniversaire de la création du Collectif Citoyen pour la Restitution et le Développement Intégré du Rail Malien (COCIDIRAIL), sous la présidence du Président du Conseil Régional de Kayes, les représentants des populations riveraines de notre ligne de chemin de fer venus de la Commune Rurale de Kéry Kaffo, de Toukoto, de la commune de Kayes et communes rurales environnantes, réunis les 14 et 15 octobre 2017, ont fait de cette opportunité un espace citoyen solidaire de débats, de réflexions, de réjouissances, de mobilisation, de construction de réseaux et d’alternatives à la dévastation infligée à notre pays et aux communautés qui la composent par la décision politique de la privatisation du chemin de fer. Ils ont établi les constats suivants.

Considérant le 70ème anniversaire de la grande grève des cheminots de l’Ouest africain dont nous nous préparons à célébrer le 70 ème anniversaire les mois à venir ;
Considérant qu’en république du Mali le pays et l’ensemble de son patrimoine appartient à chacune des maliennes et des maliens pris individuellement et collectivement et qu’il est inacceptable et intolérable que l’usage qui peut en être fait nuise à une partie ou l’ensemble des usagers-propriétaires ;
Considérant la mise en concession désastreuse de l’exploitation de la ligne de chemin de fer violant la constitution du Mali effectuée dans des conditions arbitraires et obscures qui a laminé et mis le feu aux terroirs et établissements humains riverains ;
Considérant le transfert au Sénégal de certains équipements rares et précieux des ateliers et des chantiers d’exploitation commerciale (les ponts-bascules électroniques de pesée au défilé, la regaleuse de roues de wagons, la tour reprofileuse des bandages de roues de wagons …), et de l’impressionnante quantité de ballast entreposé le long de la voie ferrée entre Diago et Négala ;
Considérant l’aliénation par transrail des emprunts et marchés en cours contractés par la RCFM – plus de TRENTE SIX MILLIARDS DE FCFA – conformément à l’annexe de la Convention de Concession de l’Exploitation de la ligne de chemin de fer Dakar – Bamako ;
Considérant la dévastation des territoires et des établissements humains riverains et éloignés, étouffés comme jamais où les femmes et les hommes laborieux, malgré l’ardeur à la tâche, ont été frappés par la paupérisation progressive, fracturant profondément les familles, dégarnissant les localités, érodant les communautés en y installant l’insécurité alimentaire, sécuritaire,
sanitaire et l’analphabétisme par la précarité et l’inaccessibilité des écoles et autres centres de formation ;
Considérant le délestage des divers métiers du Rail Malien, pour une grande part, des précieuses ressources humaines, des rares compétences, de véritables engagements professionnels, syndicaux, sociaux, artistiques, culturels et citoyens accumulés, bonifiés et partagés à travers des enseignements, des épreuves, des privations, des amitiés au-delà des frontières ;
Considérant la dessaisissement de Transrail s.a. du bénéfice de l’exploitation de la ligne de chemin de fer ;
Considérant l’échec cuisant du recyclage de l’exploitation du corridor par l’autoritaire intérimaire Dakar – Bamako Ferroviaire (DBF) ;
Considérant le vide politique, administratif et technique en matière de réflexions, de conception, de prospective dans le domaine ferroviaire ;
Considérant que la preuve a été établie que la Régie du Chemin de Fer du Mali (RCFM) a mieux fait que Transrail s.a. et que notre pays, à travers ses composantes a beaucoup bénéficié de ses contribution logistique, financière et technique ;
Considérant l’urgence et l’impérieuse nécessité d’éclairer les gestions successives de la RCFM, de la mise en concession, de la privatisation et du dessaisissement de Transrail à nos jours ;
Considérant que nulle part la preuve au monde n’a été faite que la séparation des fonctions de l’exploitation ferroviaire se justifie ;
Considérant les manifestations de mai – juin 2017, sous l’impulsion du Collectif Sauvons les Rails, les populations du Cercle de Bafoulabé, excédées par la maltraitance imposée par l’État du Mali, décidées à contrarier l’ordre des choses imposé de la privatisation en appliquant le principe : « Pas de train voyageurs – pas de train de marchandises » ;
Considération l’importance et l’urgence de la veille citoyenne des droits à la mobilité à la disponibilité des biens de consommation et la possibilité fiable de valoriser les fruits des labeurs en leur trouvant des marchés ;
Considérant la démarche consistant à faire sensation par l’annonce de l’octroie de 4,6 milliards pour la relance de la circulation des trains voyageurs entre Bamako et Kayes ;
Considérant le dérive autoritaire déniant aux travailleurs qui ont osé donner leur avis sur ce qui arrive à leur pays ou exprimer le désaveux des brimades suite aurefus de subir l’arbitraire.

Affirmons fermement devant l’opinion nationale et internationale, particulièrement aux autorités publiques de notre pays notre propriété sur le patrimoine national en général, le chemin de fer en particulier lus hautes autorités ;
Refusons énergiquement la maltraitance humainement inacceptable que nos autorités nous imposent par le maintien de la privatisation manifeste qui ne dit pas son nom ;
Rejetons inconditionnellement la liquidation grossière de l’outil, l’expertise, la culture et les savoir-faire des acquis ferroviaires amassés méticuleusement pierre par pierre par les cheminots en rupture avec le Dakar – Niger et avides de donner le meilleur d’eux-mêmes à leur patrie, nouvellement créée et indépendante, un précieux outil de son désenclavement et de son édification.
Appelons avec insistance l’examen le plus méticuleux et rigoureux possible des gestions successives de la chose ferroviaire de façon à en tirer toutes les conséquences ;
Réclamons la restitution du matériel et des matériaux transférés au Sénégal ;
Exigeons la mise en lumière de ce que sont devenus les sommes d’argent et les marchés en cours et suspendus aliénés par Transrail s.a. conformément à la convention de Concession ;
Exigeons la mise en œuvre d’un plan de transport répondant au besoin de l’économie locale, nationale et de l’épanouissement des communautés et de l’éclosion des activités de productions économiques, talents et potentiels artistiques et culturelles des femmes et des hommes des localités et terroirs traversés ;
Recommandons le recensement et la mise à contribution des compétences, des ressources diverses, des personnes ressources et des ressources didactiques, documentaires et techniques ;
Exigeons la renationalisation du chemin de fer dans le but d’organiser et de développer un service public ferroviaire au bénéfice des populations, de l’économie locale, nationale et l’intégration sous-régionale et régionale ;
Réclamons très sérieusement la circulation de trains permettant à la population d’exercer des activités fructueuses soutenues par des trains voyageurs nationaux rapides, des trains mixtes et semi-directs, des trains omnibus aussi bien que les trains marchandises nationaux.
Dénonçons l’abandon de notre souveraineté sur la chose ferroviaire au profit de notre voisin sénégalais.

Recommandons la mise au coeur de la politique nationale des infrastructures une stratégie adaptée axée sur l’outil ferroviaire ;
Rejetons fermement la séparation des fonctions infrastructures du chemin de fer de la fonction exploitation technique et commerciale ;
Saluons la lutte héroïque de populations du cercle de Bafoulabé sous l’impulsion du Collectif Sauvons les Rails ;
Exigeons le rétablissement de toutes les personnes arbitrairement frappées dans leur droits sociaux ;
Nous opposons fermement à toute forme de privatisation du chemin de fer ;

Réclamons une mise à plat de la question du chemin de fer en débat national de façon à trouver les solutions idoines aux problèmes :
1 – Que s’est-il passé avant la privatisation du chemin de fer?
2 – Pourquoi, malgré l’avis défavorable des soumissionnaires – en l’occurrence CANAC International – les autorités du Mali ont-elles insisté pour passer en force la privatisation avant octobre 2003?
3 – Pourquoi, l’actuel régime s’évertue-t-il à ignorer la nécessité de mettre à plat la question du chemin de fer avant toute tentative de réengager le pays et le quotidien des populations du rail en les ignorant?
4 – Pourquoi Dakar – Bamako Ferroviaire (DBF) et pas le chemin de fer du Mali par et pour les Maliennes et les Maliens pour l’édification de l’économie locale et nationale aussi bien que les liens inclusifs ?

Avons le plaisir de porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale la mise en place de la Coordination des usagers propriétaires du
chemin de fer.

Fait à Kayes, le 15 octobre 2017
Pour la Coordination
Le Président
Dr Thiécoura TRAORE